Stefan Zweig
Levél egy ismeretlen nőtől
Nyomtatott könyv: 17,99 EUR
Digitális: 5,99 EUR
- Eredeti kiadás
- 1922
- Oldalak
- 97
- Nehézség
- ★★☆
- Műfajok
- Romantikus, Pszichológia
- Fordítva
- német
A könyv összefoglalója
Részlet
Minden szakasz a tanult nyelven, alatta rögtön a fordítása.
Lorsque le célèbre romancier R., revenant de bon matin à Vienne après une excursion de trois jours en montagne qui l’avait revigoré, acheta un journal à la gare, il lui suffit d’en parcourir la date pour se rappeler que c’était aujourd’hui son anniversaire. Le quarante et unième, songea-t-il aussitôt, et ce constat ne lui fit ni plaisir ni peine. Il feuilleta distraitement les pages craquantes du journal et rentra chez lui dans une automobile de louage. Le domestique lui signala deux visites et quelques appels téléphoniques survenus pendant son absence, et lui apporta sur un plateau le courrier accumulé. Il examina nonchalamment les envois, décacheta quelques enveloppes dont les expéditeurs l’intéressaient ; une lettre à l’écriture inconnue, qui lui parut trop volumineuse, il la mit d’abord de côté. Entretemps, on avait servi le thé ; il s’adossa confortablement dans son fauteuil, parcourut encore une fois le journal et quelques imprimés, puis il alluma un cigare et prit enfin la lettre qu’il avait mise de côté.
When the well-known novelist R. returned to Vienna early one morning from a refreshing three-day excursion into the mountains and bought a newspaper at the station, he had barely glanced at the date before he was reminded that today was his birthday. His forty-first, he quickly reflected, and the realisation neither pleased nor pained him. He leafed hastily through the crackling pages of the newspaper and took a hired motor car to his flat. The manservant reported two visitors and several telephone calls during his absence and brought him the accumulated post on a tray. He looked idly through the letters and tore open a few envelopes whose senders interested him; one letter, addressed in an unfamiliar hand and seemingly too bulky, he pushed aside for the time being. Meanwhile tea had been served; he leaned back comfortably in his armchair, leafed once more through the newspaper and some printed matter; then he lit a cigar and at last reached for the letter he had set aside.
C’étaient quelque deux douzaines de pages écrites à la hâte, d’une écriture de femme inconnue et fébrile, un manuscrit plutôt qu’une lettre. Machinalement, il tâta encore une fois l’enveloppe, pour voir si une lettre d’accompagnement n’y était pas restée. Mais l’enveloppe était vide et, pas plus que les feuillets eux-mêmes, elle ne portait d’adresse d’expéditeur ni de signature. Étrange, pensa-t-il, et il reprit l’écrit en main. « À toi qui ne m’as jamais connue », lisait-on en haut, en guise d’apostrophe, de titre. Surpris, il s’arrêta : cela s’adressait-il à lui, ou à un être rêvé ? Sa curiosité s’éveilla soudain. Et il commença à lire :
It consisted of some two dozen hastily written pages in an unfamiliar, restless woman’s hand, a manuscript rather than a letter. Involuntarily he felt the envelope once more, in case a covering note had been left inside. But the envelope was empty and, like the pages themselves, bore neither a sender’s address nor a signature. Strange, he thought, and took up the letter again. “To you, who never knew me” stood at the top, as a salutation, as a heading. He paused in astonishment: was this meant for him, or for some imagined person? His curiosity was suddenly aroused. And he began to read:
*
*
Mon enfant est mort hier – trois jours et trois nuits, j’ai lutté contre la mort pour cette petite vie fragile ; quarante heures, je suis restée assise à son chevet, tandis que la grippe secouait de fièvre son pauvre corps brulant. J’ai posé des compresses fraiches sur son front ardent, j’ai tenu ses petites mains agitées jour et nuit. Le troisième soir, je me suis effondrée. Mes yeux n’en pouvaient plus, ils se sont fermés sans que je m’en rende compte. Trois heures ou quatre, j’ai dormi sur la chaise dure, et pendant ce temps la mort l’a emporté. Maintenant il est là, le doux, le pauvre petit garçon, dans son étroit lit d’enfant, tel qu’il est mort ; on lui a seulement fermé les yeux, ses yeux sombres et intelligents, on lui a joint les mains sur sa chemise blanche, et quatre bougies brulent haut aux quatre coins du lit. Je n’ose pas regarder, je n’ose pas bouger, car lorsqu’elles vacillent, les bougies, des ombres glissent sur son visage et sur sa bouche close, et l’on dirait alors que ses traits s’animent, et je pourrais croire qu’il n’est pas mort, qu’il va se réveiller et me dire de sa voix claire quelque chose de tendre et d’enfantin. Mais je le sais, il est mort, je ne veux plus regarder, pour ne pas espérer encore une fois, pour ne pas être déçue encore une fois. Je le sais, je le sais, mon enfant est mort hier – maintenant je n’ai plus que toi au monde, que toi qui ne sais rien de moi, toi qui pendant ce temps joues sans te douter de rien, ou badines avec les choses et les gens. Que toi, qui ne m’as jamais connue et que j’ai toujours aimé.
My child died yesterday – for three days and three nights I wrestled with death for this small, tender life; for forty hours I sat at his bedside while influenza shook his poor, burning body with fever. I laid cool cloths on his glowing forehead, I held his restless little hands day and night. On the third evening I collapsed. My eyes could do no more; they closed without my knowing it. For three or four hours I slept on the hard chair, and in the meantime death took him. Now he lies there, my sweet, poor boy, in his narrow little bed, just as he died; they have only closed his eyes, his clever, dark eyes, and folded his hands over his white shirt, and four candles burn tall at the four corners of the bed. I dare not look, I dare not stir, for when the candles flicker, shadows flit across his face and his closed mouth, and then it is as though his features moved, and I could almost believe that he is not dead, that he will wake again and say something tender and childlike to me in his clear voice. But I know it, he is dead; I will not look any more, so as not to hope once again, not to be disappointed once again. I know it, I know it, my child died yesterday – now I have only you left in the world, only you, who know nothing of me, who meanwhile are playing, unsuspecting, or trifling with things and people. Only you, who never knew me and whom I have always loved.
A cselekmény
A könyv világa
A szerző
A kétnyelvű módszer előnyei Sor-sor szinkronizálva megjelenítéssel
Az eredeti minden sora alatt, pontosan ugyanabban a magasságban, ott áll a fordítása. Soha nem kell keresnie, hol tart: a szem egy sorral lejjebb lép, és rögtön azt a mondatot találja, amelyet épp elolvasott. Ez az az elrendezés, amellyel egy alig ismert nyelven is bele lehet kezdeni egy könyvbe anélkül, hogy elvesztené a fonalat, és amellyel a két szöveg szinte szóról szóra összevethető.
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